IL ÉTAIT UNE FOIS UNE ÎLE / UNE PLANÈTE

Crédit photo : Dalila Assefsaf

Il était une fois une île située dans le sud-est de l’océan pacifique, là où peu d’explorateurs s’étaient aventurés. Elle était à tel point isolée que ses habitants se pensaient seuls au monde ; et tellement bien dissimulée que personne, nulle part, n’en avait jamais entendu parler. Jusqu’à ce jour de Pâques, au 18ème siècle, où elle fut découverte par l’explorateur hollandais Jacob Roggevee.

Les occupants de l’île vivaient très pauvrement. Comment avaient-ils pu survivre ? Il n’y avait autour d’eux ni fôret, ni champ. Les terres étaient arides et les récifs aux alentours rendaient la pêche peu praticable. Or, comble du paradoxe, l’île était jonchée de sculptures géantes. Fascinantes. C’est d’ailleurs ce qui capta principalement notre attention. Leur taille était si imposante qu’il était difficile d’imaginer qui, et surtout comment, on avait bien pu les poser là. Sur une terre si peu accueillante, qui plus est.

Les experts mirent des années à comprendre ce qui suit. 

Jadis, l’île avait possédé une végétation des plus luxuriantes. Ses habitants y avaient mené une petite vie paisible durant des siècles, jusqu’au jour où la convoitise et la rivalité s’était emparé, telle la fièvre, d’une poignée d’individus. La population se divisa alors en clans. Chacun d’entre eux érigea un premier monument pour honorer son Dieu préféré du moment / assouvir sa soudaine soif de pouvoir. Puis l’année suivante, chacun y alla d’un second, encore plus grand. Et ainsi, en quelques décennies, l’île fut recouverte de colossales statues / inévitablement défrichée. Car pour monter d’aussi gigantesques ornements, les insulaires avaient utilisé un ingénieux système de rondins et de leviers ; lequel nécéssitait, malheureusement, tout le bois qui se trouvait là. 

Sans forêt, pas de chasse. Sans terre cultivable, pas d’agriculture.

Seulement de gigantesques structures.

Et une communauté réduite, affaiblie de par sa trop grande soif de démesure.

Je fus réellement troublée par cette histoire.  En déboisant leurs terres, non seulement les habitants de l’île s’étaient imposé la misère, mais ils avaient détruit, du même coup, leur unique chance d’y échapper.

Sans arbre, impossible de fabriquer la moindre embarcation / de quitter l’île.

Oui, je fus vraiment troublée par le parcours de ces insulaires qui, dans l’inconscience de leurs desseins de gloire, devinrent les otages de leur propre déchéance. 

Souhaitons que l’humanité se réveille, avant qu’elle ne connaisse pareille tragique histoire.

Atlantide

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