LA DIFFÉRENCE

Crédit photo : Dalila Assefsaf

Se sentir différent, dans un monde où règne le fantasme de l’absolue conformité, n’a rien de très gratifiant / stimulant. J’en veux pour preuve tous ces débordements de haine que l’on rencontre un peu partout, à l’égard de tout ce qui outrepasse notre zone de confort : que ce soit l’homophobie, la xénophobie, bref l’intolérance à tout niveau.

“Moi, je suis très ouvert” as tu envie de me dire, toi qui me lis en l’instant. Mais sois honnête, que ce soit la pouffiasse-mini-jupe-décolleté-talons-hauts assise au fond de la salle, l’obèse que tu croises tous les soirs en prenant le bus, le coincé en costume cravate qui a l’air d’un imbécile, l’adolescent boutonneux à l’allure dégingandée qui habite en face de chez toi, peu importe, tu as toi aussi des critères qui te permettent de définir qui, selon toi, rentre dans les normes de ce que tu juges acceptable, ou non.

Ici je faisais référence a des particularités physiques ou vestimentaires. Maintenant si on s’attaquait à des questions plus sérieuses ?

D’abord, qu’est-ce que la différence ? Ce terme, en soi, m’apparaît tellement ambigu. Tellement subjectif. Différent de quoi ? Différent de qui ? De la norme ?

En ce sens, la norme est-elle synonyme de majorité ?

Bipolarité, Trouble de la personnalité limite, Trouble du spectre de l’autisme, Asperger, Trouble du déficit de l’attention, Trouble de l’opposition, Hyperactivité, Hypersensibilité, Obsessions compulsives …

Finalement, ne serions-nous pas tout aussi nombreux, si ce n’est plus, de ce côte-ci de la barrière ?

En ce sens, la norme est-elle ENCORE / TOUJOURS synonyme de majorité selon toi ?

Dis-moi, Combien de génocides, combien de meurtres odieux ont-ils été perpétrés, au travers de l’histoire, au nom de la majorité ? Sois objectif(ve), Combien d’horreur ont-elle encore quotidiennement lieu de par le monde sous prétexte qu’une majorité se soulève pour l’imposer ? 

Est-ce cela la norme ?

Mon *unique parent citait inéluctablement Boris Vian:

“Il apparaît en effet que les masses ont tort, les individus toujours raison.”

Et à mes yeux, cette phrase est le summum de la logique et du bon sens. Je crois en l’individu. Je crois en mon instinct, et en ce qu’il me dicte de faire, peu importe le jugement d’autrui.

J’écris tout ça, toute cette belle théorie qui me tient sincèrement à coeur mais pour être honnête, j’ai toujours souffert de ma / mes différence(s). Au fond de moi, je rêve de ressembler à Madame tout le monde, celle qui, habillée, coiffée, maquillée à la perfection, sans l’ombre d’un pli, sans l’ombre d’un froissement de tissu, me semble si conforme à ce que la société attend d’un individu (féminin). Celle qui, cultivée, bien élevée, toujours ponctuelle, toujours posée, sait exactement quoi dire, comment le dire et quand le dire. Quoi faire, comment le faire et quand le faire.

Enfant, j’étais très timide, extrêmement renfermée. En même temps / paradoxalement, j’avais déjà ce côté extraverti / coloré en moi, ce petit quelque chose qui, bien que je tentais de me conformer, m’amenait toujours à un degré, un palier différent des autres. À l’école, j’étais parmi les meilleures de ma classe. J’aimais apprendre. Mais au delà de mes apprentissages scolaires, je n’avais rien de commun avec mes camarades de classe. Non seulement je me tenais à l’écart, mais de toutes façons, pour rien au monde les autres ne m’auraient acceptée. D’abord parce que ma famille était pauvre. Pauvre dans un environnement riche. Ensuite parce que nous étions socialement inadéquats. “En marge”. La maladie et l’alcoolisme de ma mère limitaient notre capacité à sociabiliser, et nous plaçaient aussi systématiquement et irrémédiablement sur le banc des exclus, des parias.

A cette époque, Je n’avais pas beaucoup d’amis, pour ainsi dire aucun, mais mon monde intérieur / imaginaire était bien rempli. Lorsque je plongeais dans mes rêves, j’étais heureuse.

Aujourd’hui, en tant qu’adulte, d’aucuns me taxent de femme distante, froide.  La vérité c’est que oui je suis distante, ça me facilite les choses, mais non je ne suis pas froide, bien au contraire. Si vous saviez combien de fois j’ai pu baisser la tête! Aujourd’hui, je tiens seulement à la garder bien droite.

Je suis contre les étiquettes et il est hors de question que je me serve ici d’un éventuel / hypothétique diagnostic pour justifier de quoi que ce soit. J’explique, c’est tout. Je l’ai déjà dit, et souvent écrit, je revendique un monde où la neurodiversité serait, non pas une tare, mais une richesse / à l’honneur. Un monde où les enfants ne seraient pas médicamentés parce que curieux, actifs. Où les critères de bonne conduite iraient de pair avec les principes du coeur. Je revendique un monde où nous pourrions être ce que nous sommes, sans devoir nous inscrire dans une catégorie, sans devoir nous identifier en tant qu’élément divergent. Oui, Je revendique ce monde où, à l’instar des livres pour enfants, il deviendrait possible d’être authentique sans redouter le jugement, la critique, l’isolement:

... Il était une fois, dans un monde quasi parfait où chacun avait sa place, une petite parcelle d'humanité qui ne demandait qu'à grandir, grandir ...

Atlantide

**Hypersensible: référence à l’article nommé HYPERSENSIBILITÉ

Une réflexion sur « LA DIFFÉRENCE »

  1. Ex possible d’obtenir votre livre ou votre contenu est t il imprimable ? sa m’intéresse beaucoup nous sommes vraiment semblable mais DIFFÉRENTE
    23 de tes sujet me touche particulièrement tout sauf être maman j’ai pas voulu être maman pour plusieurs raisons.
    Merci de me lire et j’attend de vos nouvelles je suis hyper intresser a vous lire

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