LE REJET

Crédit photo : Dalila Assefsaf

Comment définir le rejet dans une société où le moule, l’uniformité  occupe tellement d’importance / de place ?

Qui du neurotypique ou du neuro-atypique, du fonctionnel ou de l’asocial saura / devra au final accepter l’autre?

Quel compromis, quelle acceptation faut-il attendre d’autrui / faut-il soi même fournir?

Est-ce que  la différence signifie / corrobore / justifie le rejet?

Autant de questions sans réponse.

Dans les années quatre-vingt, la conscience sociale était limitée. Dans le village où j’ai grandi, tout le monde se connaissait.  De vrais bretons de souche, des familles conventionnelles dans toute leur splendeur. Chez nous par contre, il n’y avait pas grand chose de conventionnel. Mon unique parent souffrait de schizophrénie ce qui impliquait, d’une part une importante médication, de l’autre de fréquents séjours à l’hôpital psychiatrique. Outre sa fragilité mentale, mon parent était très marginal. Autant dire que nous n’étions guère appréciés. 

En ce qui me concerne, j’arborais de grosses lunettes à verres épais, je portais des vêtements usés, sales, j’étais coiffée hirsute et mon hygiène personnelle laissait à désirer; Conséquemment, je souffrais d’une timidité maladive. Incapable de m’exprimer intelligemment, de me défendre face aux sarcasmes, aux prises avec un bégaiement qui me poursuit encore, des rougissements à n’en plus finir, je me morfondais dans mon coin sans oser répliquer. Aucune confiance en moi, zéro capacité à réagir. Juste une honte terrible d’être celle que je voyais dans le miroir.

Heureusement, en grandissant, j’ai eu la chance de faire de belles rencontres. Je suis tombée exactement sur les personnes qu’il me fallait pour avancer. De bonnes personnes qui, chacun(e) leur tour, m’ont appris a m’aimer. À ne plus me cacher le visage dans mes cols roulés.

Quel enfant mérite de se faire rejeter ?

 

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