LA COMPAGNE DU MANQUE

Crédit photo : Dalila Assefsaf

Je suis la compagne du manque, la compagne du mensonge. Le manque dans sa forme la plus obscène, le mensonge dans tout ce qu’il comporte d’abjecte. Chaque jour, je côtoie sa douleur, sa souffrance. Lui que j’aime malgré tout. Lui dont je ressens chaque trahison comme un coup de poignard en soi.

Je vis, je ressens sa dépendance comme autant de traitrises à mon égard. Je le vois se détruire. Nous détruire à petit feu. Et je me sens impuissante. Terriblement impuissante.

Je suis la compagne du silence, la compagne de l’amertume. Le silence et son éventail de tourments, l’amertume qui nous ronge le coeur comme un cancer de l’âme. Je suis … Je suis celle qui attend son retour dans l’angoisse, celle qui subit son absence dans le doute. Celle qui le regarde Souffrir, tiraillé entre sa dépendance à la maudite substance et son besoin, son désir de moi. Celle qui le regarde partir, la choisir elle. La choisir elle et pourtant me revenir. Me revenir misérable. Me revenir persuadé de n’être jamais parti.

Je suis la compagne de l’illusion, la compagne du désarroi. L’illusion qui précède la chute. Le désarroi qui fait eccho à l’horreur. L’horreur de ce fameux crépuscule qui m’arrachera un dernier rêve. Bientôt. Sûrement.

Je suis la compagne du pardon, La compagne de la solitude. Une femme qui, comme toi, comme elle, comme tant d’autres, aime trop. Aime mal. Aime jusqu’au bout.

Atlantide

 

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