ENFANT DIFFÉRENT, REGARD DIFFÉRENT

Crédit photo : Dalila Assefsaf

La salle d’attente est bondée. La scène se répète comme dans l’autobus un peu plus tôt ce matin. Comme dans le magasin d’alimentation hier. Ou dans la pharmacie la semaine dernière, quand le garde de sécurité a dû intervenir. 

L’enfant gesticule dans tous les sens. Tantôt, il s’amusait à faire tomber les chaises. Il a aussi déchiré des revues, et renversé du liquide par terre. Il crie et répond impoliment à sa mère, tout le monde est consterné. Son âge est difficile à déterminer, je dirai entre quatre et six ans.

Une maman offusquée fusille du regard la mère. On dirait qu’elle ne réalise pas combien son fils est mal élevé. 

Voyons Madame, la discipline, vous connaissez ?

Excédée, elle se lève.  Elle ne mâche pas ses mots, son indignation est telle qu’elle en oublie toute compassion. “Votre enfant est en train de perturber tout le monde, Madame. Une heure à côté de lui et je n’en peux plus !”

La mère pleure. Elle est à bout de nerfs. Son cœur saigne. 

En réalité, elle a tenté toutes les interventions qu’on lui a appris. Elle les applique depuis des années et présentement, elle est épuisée. Alors elle ferme les yeux et prend sur elle. En espèrant que ce soit leur tour rapidement.

C’est justement pour ça qu’elle est là, pour demander de l’aide / se faire prescrire des antidépresseurs. Enfin, n’importe quelle pillule pourvu que ça diminue un peu son malheur.

Elle tente aussi de calmer cette colère grandissante, cette honte qui la poursuit partout où elle va. Elle ne regarde personne parce qu’elle sait très bien qu’on ne lui sourira pas.

Il y a ça, et il y a le fait que c’est son garçon. Qu’elle l’aime et qu’elle ne l’abandonnera pas. Il doit bien exister une solution. Tant pis si les autres ne comprennent pas. 

Atlantide

4 réflexions au sujet de « ENFANT DIFFÉRENT, REGARD DIFFÉRENT »

  1. Je te comprends car moi aussi j’ai un enfant différent ! Autiste de 17 ans il s’appelle Jonathan , moi aussi avant je m’en faisait avec le regard des gens et leur commentaire mais ajd je ne me laisse plus regarder ainsi je leur dit tout de suite que mon fils est Autiste et s’ils ne sont pas content ils n’ont qu’à partir ou à ne pas le regarder ! Je me suis fais une carapace mais il y a encore des gens qui comprenne ce que nous vivons sens avoir besoin de leur dire ils nous regarde avec des yeux plein de tendresse . J’aime mon fils malgré sa différence et je serai toujours là pour lui et il demeurera toujours avec nous !

    Bonne chance à toi ! xxx

  2. Je c’ est par ou vous avez passer,j;ai vecu la meme chose avec mon
    enfant.Syndrome de Gille de l; attourette avec defficit d attention,d agressivite et disfasie severe.Aujourd hui il a 22 ans il travaille,malgre que les medecin disait ne pourras jamais travaille.il a perseverrer.suis tres fier de lui je l aime de tt mon coeur.il s appel Karl.bon courrage a vous et a vos enfants.Je dit vos enfants meme si vous avec juste un enfant different,les freres et soeur en subisse eux aussi de cette indifference de votre fils,mais il adore leur frere.courage madame et votre fils.xoxox en tt amitie.

  3. Bonjour Atlantide, je te comprends! Mon fils a été diagnostiqué a 3 ans il a 4 ans et demi aujourd’hui. Au mois de septembre c’est la maternelle! Je suis un peu appréhensive de son entrée à l’école, nouvelle routine, nouveaux visages, nouveaux locaux. Quand j’ai eu son diagnostique ça m’a fait peur j’avais juste l’image d’un petit garçon dans son propre monde à part de tous. Aujourd’hui après les rendez-vous avec les orthophonistes, psycho-éducateurs, intervenantes, et autres je réalise qu’on embarque dans une roue pour “corriger” notre enfant. Quand en effet nous enfants ne sont pas des enfants problèmes, mal éduqués, jugés par d’autres. Au début je défendais mon enfant en disant “je m’excuse mon enfant est autiste, espérant que ces propos pourrait apaiser l’adulte qui me jugeait”. Je n’ai pas d’honte de mon enfant il est intelligent, drôle, souriant, sociable, aimable. Le regard social va être toujours-là, les gens ont peur de ce qui est différent, ce qui sort de la “norme” c’est malheureux mais ça la façon que les gens se protègent.

    J’ai eu une très mauvaise expérience cet automne dans une urgence d’un hôpital avec mon enfant ou j’avais mentionné que mon enfant était autiste. Au lieu d’apaiser mon enfant le médecin et la résidente en médecine avait pris une couverture pour enrouler ces bras pour prendre un échantillon de sang. J’ai poussé un cri :” Qu’est-ce que vous faites-là? Vous-êtes en train de l’effrayer!” Arrivé a l’étage de pédiatrie les infirmières étaient super gentilles avec des petits mots doux et elles ont réussit à le calmer.

    J’ai arrêter de le voir comme un enfant autiste et simplement comme un enfant. Les étiquettes ne servent à rien. Les enfants le sentent même s’ils ne sont pas capables de s’exprimer. Les parents deviennent leur voix, leur compassion dans un monde parfois injuste il ne faut pas perdre courage et toujours avoir de l’espoir, patience et l’amour infini envers nos enfants.

  4. Je n’ai pas vécu pour l’instant ce genre de situation avec mes enfants autistes, mais je ne sais pas de quoi l’avenir est fait, deux d’entre eux sont eux sont encore bien jeunes.
    J’ai en revanche été témoin de scènes comme celle que vous écrivez et je fut alors estomaquée face à l’indifférence ou le sourd mépris des personnes présentes.
    Je me souviens avoir regardé la maman avec soutien, compassion et sourire. J’ose croire que ça lui aura mis un peu de baume au coeur…

    Je n’ai pas de mots pour traduire ô combien je suis émue par votre texte. Merci de l’avoir partagé. Je vous embrasse.

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