L’ALLAITEMENT

Crédit photo : Dalila Assefsaf

Comme je l’ai déjà écrit / mentionné dans d’autres articles, je suis l’heureuse maman de trois magnifiques enfants. Deux garçons et une fille, tous les trois robustes et en bonne santé. Mon aîné vient de rentrer dans l’adolescence, période critique mais oh combien nécessaire. Ma seconde n’a pas encore soufflé ses dix bougies et mon troisième dort chaque nuit avec ses peluches. Ils ont respectivement trois ans d’écart avec celui / celle qui le / la précède et sont tous nés à une étape différente non seulement de ma vie, mais également de ma maternité et de ma carrière.

Pour mon premier enfant, je n’avais aucune expérience et j’avoue avoir complètement paniqué. Il est immédiatement devenu le centre de mon univers mais, côté pratique, ça a été laborieux. J’avais une peur bleue de le casser, de lui faire mal, de le rendre malade. Alors à sa naissance, je ne me suis même pas posé la question de comment j’allais le nourrir,  les biberons étaient déjà achetés / prêts.  C’était un magnifique bébé mais très chétif et qui pleurait tout le temps; il réclamait constamment mes bras, y compris la nuit, et régurgitait sans arrêt. Nous finîmes par apprendre / comprendre / qu’il était intolérant à son lait et sitôt que ce dernier fut changé contre une préparation sans lactose, la situation s’améliora considérablement. Trois ans plus tard, je mis au monde une magnifique petite fille. À cette époque, j’avais beaucoup cheminé. La preuve en est que je décidai d’accoucher naturellement et, sitôt née, mis la fillette à mon sein. Mon fils aîné était souvent malade, il était fragile et réclamait beaucoup de soins et d’attention. Le pédiatre, les infirmières, mettaient cela sur le compte du fait que je ne l’avais pas allaité et j’éprouvais une énorme culpabilité ce concernant. Alors pour ce nouvel enfant, je ne voulais surtout pas commettre la même erreur. Ma fille était un bébé facile, qui souriait tout le temps et  qui fit ses nuits quasiment sitôt la naissance. Je l’allaitai jusque l’âge de trois ans, balayant d’une main les préjugés, de l’autre les protestations de mon entourage. Fort heureusement, mon mari fut d’un immense soutien.

Ma fille développa une excellente santé et, contrairement à son grand frère qui attrapait le moindre virus passant à proximité,  tomba rarement malade.

Dans les deux cas, je ne me suis pas posé de questions au moment de faire mon choix. J’ai fait ce que je pensais devoir / pouvoir faire et c’est mon instinct, et seulement lui, que j’ai écouté. Je n’aurai pas pu, pas voulu faire autrement.

Je trouvai toutefois dommage les commentaires, dans l’un ou l’autre des cas, visant à m’influencer.

Pour finir, je portai des jumeaux et l’allaitement avec ma fille s’était si bien déroulé que je décidai d’allaiter mes enfants à naître. Malheureusement, mes petits derniers naquirent à l’âge de 29 semaines, en urgence, et celui qui survécut, qui pesait à peine deux livres et demi, fut aussitôt placé en couveuse. Terriblement affligée par la situation, j ‘éprouvai les plus grandes difficultés à produire de quoi le nourrir. Malgré tout, comme j’allaitais encore occasionnellement ma fille, je pus tout de même, de peine et misère, tirer un peu de lait. Lait qui, à l’hôpital fut mélangé avec la préparation dont on le gavait. A ma plus grande déception, quand il fut assez mature pour téter, il préféra le biberon à mon sein.

Ce petit garçon né prématurément, très malade les premiers mois de sa vie, aura maintenant bientôt sept ans. Il est d’une force incroyable, d’une grandeur et d’une grosseur assez phénoménales pour son âge et ses aptitudes aux différents apprentissages ne cessent jamais de nous impressionner. Certes, son parcours n’a pas été facile mais en dehors de deux ou trois otites et d’un peu d’asthme lorsqu’il était bébé, puis de quelques maladies bénignes lorsqu’il a commencé à fréquenter la garderie / l’école, sa santé est excellente.

Cet enfant, loin d’être né dans des conditions optimales, n’a pas été allaité. C’est aujourd’hui le plus grand et le plus fort de la fratrie.

Je n’ai que faire des différents sondages / études / statistiques  qui tendent à prouver ceci ou cela. Voici ce que je pense: Oui allaiter son enfant est magnifique. Oui, c’est merveilleux de le faire Si on peut le faire.  Oui le lait maternel contient d’excellents anticorps et de nombreuses propriétés pour le nourrisson. Oui nous avons le droit de le faire en public et non nous n’irons pas nous cacher dans des toilettes publics pour donner le sein si cela offense quelque quidam. A lui / elle de regarder ailleurs!

Mais non nous ne sommes pas obligées d’allaiter notre enfant si nous ne le souhaitons pas. Quelle(s) que soi(en)t notre / nos raison(s). Non nous ne sommes pas moins bonnes mamans si nous ne l’avons pas fait. Non nous n’avons pas non plus à nous en justifier. Et non nous ne sommes pas coupables de négligence si nous avons choisi le biberon .

Allaiter est un choix qui appartient au(x) parent(s) au même titre que le choix du prénom, de l’hôpital, du parrain / de la marraine, de la couleur de sa chambre ou de son école plus tard, et je trouve complètement irrationnel, voire très irritant, que ce choix devienne un débat de société.

Quoi de plus personnel que notre corps et ce que l’on décide d’en faire? Quoi de plus précieux que notre instinct et ce qu’il nous dicte de faire?

Quoi de plus pertinent que de vivre …et laisser vivre sans jugement!

Atlantide

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