LA MALADIE

Crédit photo : Dalila Assefsaf

Certaines maladies nous apparaissent plus graves, plus menaçantes, plus éprouvantes que d’autres, et certaines le sont sans aucun doute. Toutefois, les maladies dites incurables / chroniques ont toutes un dénominateur commun: elles sont irrémédiablement et définitivement en dedans de nous pour le restant de nos jours. Des lors, les facteurs peur/ panique, angoisse, effroi font eux aussi, définitivement, partie du décors.

Certes, d’aucunes ont un impact direct sur notre qualité de vie tandis que d’autres agissent plutôt comme une bombe à retardement. Certaines entravent notre liberté au quotidien alors que d’autres réduisent / écourtent / racourcissent notre durée de vie. Certaines nous contraignent à une routine plus ou moins exigeante, d’autres nous astreignent à de nombreuses privations / contraintes. Quoi qu’il en soit, lorsqu’on parle de maladie incurable / chronique, quelle que soit la forme que prend ladite maladie, la souffrance, l’inquiétude et parfois / souvent les complications sont  au rendez-vous.

Pour ma part, Je vis avec le diabète depuis plusieurs années. Concrètement, cela signifie que tout ce qui contient du sucre -et presque tout en contient- a une incidence directe sur mon état de santé. A cela il y a des conséquences à long terme qui peuvent toucher mes yeux, mes reins, mon coeur, et à court terme qui entravent mon énergie, ma forme physique,  ma capacité de concentration et conséquemment mon humeur, mais aussi qui retardent ma cicatrisation quand je me blesse,  qui limitent ou accentuent les sensations de chaleur, de froideur, dans certaines parties de mon corps, ou qui augmentent / exacerbent mon irritabilité.

 Définition du diabète Selon Diabète – Québec

Le diabète est une maladie chronique qui ne se guérit pas, mais que l’on peut traiter et contrôler. Il est causé par un manque ou un défaut d'utilisation d’une hormone appelée insuline.
L’insuline est produite par le pancréas. Elle permet au glucose (sucre) d’entrer dans les cellules du corps pour qu’il soit utilisé comme source d’énergie. Chez une personne non diabétique, l’insuline remplit bien son rôle et les cellules disposent de l’énergie dont elles ont besoin pour fonctionner.
Lorsqu’il manque d’insuline ou qu’elle ne peut pas bien accomplir sa fonction, comme c'est le cas dans le diabète, le glucose ne peut pas servir de carburant aux cellules. Il s'accumule alors dans le sang et entraîne une augmentation du taux de sucre (hyperglycémie).
À la longue, un taux de sucre élevé dans le sang entraîne certaines complications, notamment au niveau des yeux, des reins, des nerfs, du cœur et des vaisseaux sanguins.
Il existe différents types de diabète soit le prédiabète, le diabète de type 1, de type 2, le diabète de grossesse et d’autres types plus rares.
 
Rédaction : Équipe de professionnels de la santé de Diabète Québec
Mai 2014
 Pour moi, tout a commencé par un diabète de grossesse. A l’époque, j’ai reçu cette nouvelle sans trop en faire de cas. C’était une situation temporaire et à mes yeux sans grande conséquence. En effet, le diabète de grossesse disparaît habituellement après l’accouchement.
Par contre, outre le fait de suivre une diète très sévère, j’ai eu le droit à des piqûres d’insuline quatre fois par jour pendant plusieurs semaines.
 
Malheureusement, les mois qui ont suivi mon accouchement ont été très difficiles. J’en ai déjà fait part dans d’autres articles, alors je ne m’étendrai pas sur le sujet, mais il parut plus évident, à l’époque, d’interpréter mes différents symptômes tels que fatigue excessives, maux de tête chroniques, changements d’humeur, comme les syndromes d’une dépression, plutôt que d’investiguer du côté de la santé physique.
 
Or, Comme  mes céphalées et  mon épuisement s’intensifièrent, je fus placée sur une liste d’attente afin d’obtenir un médecin de famille. En définitive, après de longs mois d’attente, le diagnostic tomba:  Diabète de type 2.
 
La médication a immédiatement fait effet / fait toute la différence. Le harassement que j’éprouvais depuis de nombreux mois s’est évanoui d’un coup. Moi qui peinais à bouger, bien que durant tout ce temps je fonctionnai au quotidien malgré tout, récupérai subitement mon énergie. Mes maux de tête s’estompèrent et je retrouvai peu à peu le moral. S’ensuivit un long combat durant lequel je proscris peu a peu de mon alimentation tout ce qui pouvait déclencher mes malaises. Puis une diète stricte accompagnée d’un programme d’entrainement  relativement intense firent le reste.
 
Aujourd’hui, je contrôle mon diabète sans aucune médication depuis un peu plus d’un an. Évidemment, j’ai des hauts et des bas; il m’arrive de me sentir si faible, d’un coup, que je ne parviens plus à effectuer mes tâches. Je deviens comme engourdie, ma volonté s’effrite. J’ai appris à reconnaître les signes qui précèdent cet état et en général, si je demeure calme, ça passe plutôt rapidement. Bouger, rester actif, ne pas m’appesantir. Cela m’est arrivé aujourd’hui justement. Deux heures durant lesquelles mon corps ne répondait plus, ma capacité à fonctionner se limitant à une semi conscience de ce qui m’entourait. Peu à peu mes sens ont repris le dessus et alors que précédemment j’avais eu de la misère à garder les yeux ouverts, mon énergie redevint telle qu’à l’accoutumé; en bout de ligne, je pus aller courir mon neuf kilomètres quotidien comme si de rien n’était.
 
Mes analyses trimestrielles indiquent l’évolution de la maladie versus mes carences ou mes excès et un suivi serré en clinique de diabète me permet de déceler les éventuelles problématiques / dégénérescences. Mais à priori, mes résultats sanguins sont, présentement, plutôt encourageants. Certaines périodes sont plus difficiles que d’autres, mon problème étant davantage le manque de sucre que l’inverse, mais j’apprends a vivre avec mes besoins, ma réalité, comme d’autres l’ont fait avant moi et comme d’autres continueront de le faire. Un peu de sucre dans les poches “au cas où”, un bracelet d’identification médicale “desfois que” …  En toute franchise, à part quelques privations, en dehors de quelques malaises bénins, ma vie n’est, présentement, pas très différente de ce qu’elle était avant la maladie.
 
Certes, un de mes deux parent(s) est décédé prématurément des conséquences du diabète. C’est une maladie cardiovasculaire et oui cela va probablement, tôt ou tard, affecter ma qualité de vie ou en réduire la durée. Oui, il m’arrive de m’arrêter pour y penser, et m’apitoyer: Pourquoi? Qu’ai-je fait? Comment se fait-il?
 
Mais à quoi bon m’émouvoir? Vivre avec la maladie c’est vivre un instant à la fois avec la volonté de ne jamais lâcher prise, de ne jamais abandonner le combat, quoi qu’il arrive. Dorénavant, je croque la vie à pleines dents, peut-être davantage consciente que chaque instant qui passe doit être vécu comme s’il s’agissait du dernier. Que chaque instant qui passe doit être vécu avec la force, l’intensité d’un rêve qui ne reviendra plus, d’un rêve qui nous marquera profondément mais qui, non, ne reviendra plus.
Quelqu’un de très sage a dit, un jour, qu’il faut perdre la santé pour apprécier d’être en vie. En vie et en santé. C’est exact, je partage et j’approuve.
 
Atlantide

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